Texte de Christiane Laforge
lu à la présentation de Gervais Arcand
au Gala de l'Ordre du Bleuet, le 7 juin 2014

Issu d’une famille nombreuse de Roberval, le diplômé en Arts et lettres du Collège de Jonquière, après un 1er cycle universitaire en animation, classe le théâtre dans le tiroir de ses rêves. L’impératif survie se vêt de pragmatisme. Il ne sera pas caricaturiste et ne travaillera pas non plus dans une routine de 9 à 5. « J’ai été gâté puisque je travaille de jour, de nuit et les fins de semaine dans une usine de pâte à papier » se moque-t-il. Le fils de Gisèle Aubé et de Michel Arcand ne succombera pas au chant des sirènes. Ni le charme éprouvé lors de ses expériences sur les scènes scolaires, ni les envolées lyriques dans la Chaumière des travailleurs de l’Institut La Chesnaie à l’origine du Théâtre Mic-Mac ne le convainquent de monter sur les planches. Et pourtant…

Un ami comédien et confrère de travail, Georges Gloutnez, sollicite son aide pour peindre des décors. Inévitablement, Gervais se retrouve aux premières loges pendant les séances d’écriture et de création que dirige un certain Michel Marc Bouchard. Celui-ci requiert ses services le temps d’une improvisation, histoire de trouver le ton des personnages. La performance de Gervais inspire l’auteur. De son crayon, il crée des êtres de fictions qui donneront naissance à un homme de théâtre bien réel. Ainsi donc, en 1983, Gervais Arcand intègre le Mic-Mac et contribue à la création de la pièce Le retour inattendu de Frank Paradis de Michel Marc Bouchard. Celui-ci est l’élément déclencheur de sa passion pour la scène : « Il m’a donné un rôle dans le premier théâtre d’été à Roberval. Dans chacune des productions ou textes de Michel Marc, un souvenir fort ou un moment intense gravite autour », relate le comédien.

Depuis, avec le soutien indéfectible des siens, Monsieur Arcand est un membre actif du Mic-Mac. Il y est tour à tour éclairagiste, régisseur, agent de communications, coordonnateur, metteur en scène, mais surtout un comédien dont les critiques font l’éloge. Les uns soulignent le brio de son interprétation dans de Serge Boucher, la justesse de son Sieur de Roberval dans L’Île de la demoiselle d’Anne Hébert, les autres affirment que le Molière de Gervais Arcand dans Le rire de la mer de Pierre-Michel Tremblay est à la hauteur de son talent. Lors de la 40e production de la troupe robervaloise, Bonbons assortis, le comédien campe son auteur à l’âge de six ans. Avec brio, en témoigne le journaliste Louis Potvin, écrivant : « Gervais Arcand incarne un Michel Tremblay narrateur attachant. Son jeu naturel et subtil rempli de bonhomie, de spontanéité et de candeur, persuade le spectateur que le personnage est âgé de six ans. Les nuances démontrent une grande maîtrise, car pas facile de représenter un enfant et un auteur qui manipule ses personnages. Arcand oscille entre les deux niveaux de jeu sans difficulté. »

Les souvenirs heureux se multiplient au fil des productions. Plusieurs pièces de Michel Marc Bouchard se succèdent les premières années de son entrée au Mic-Mac : La Visite — ou Sentez-vous pas obligés de venir, coécrite avec Robert Bellefeuille, Rock pour un faux bourdon (Opus 5), Le retour inattendu de Frank Paradis, 2e version, Les Muses orphelines. Puis, Ils étaient venus pour de Marie Laberge, au centenaire de Val-Jalbert, de Serge Boucher alors que Gervais Arcand sera finaliste pour le prix Arlequin du meilleur comédien, ainsi que le grand succès de 2012, Albertine en cinq temps de Michel Tremblay pour laquelle il a conçu les éclairages.

Au cours des 31 dernières années, le tiroir des rêves de Gervais Arcand ne s’est plus jamais refermé. Il continue de le remplir de sa passion, certainement contagieuse, puisque sa compagne Lucie Guillemette a prêté ses talents de coiffeuse et de maquilleuse au Mic-Mac. Ce théâtre est aussi à l’origine de la carrière de L'un de leurs fils, Benoît Arcand, comédien et technicien de la compagnie robervaloise à 16 ans, aujourd’hui diplômé de l’École nationale de théâtre, bachelier en arts de l’Université Laval, titulaire d’un certificat en sciences de la consommation et cofondateur de la Troupe du Coq à l’âme à Sainte-Perpétue.

Trésorier du Conseil d’administration de la corporation Le Jardin des Ursulines, depuis 2008, monsieur Arcand est très présent dans différents organismes culturels et sociaux. Il a été responsable du Baseball mineur de Roberval pendant cinq ans et a siégé une dizaine d’années au comité des spectacles de la Traversée du lac Saint-Jean. Depuis 2011, il est membre du Comité de relance du Ciné-Club de Roberval qui avait connu une éclipse de huit années. En 2012, le prix Artisan de la Fête nationale du Québec a été décerné à Gervais Arcand pour son importante contribution aux activités commémoratives de sa ville. Ce prix, créé en 2009 par le Mouvement national des Québécoises et Québécois, veut souligner la contribution exceptionnelle d’un citoyen à célébrer son identité québécoise.

Ce soir, à notre tour, nous voulons rendre hommage à l’importante contribution de ce Robervalois au développement de la vie culturelle et artistique de sa région et à son indéfectible engagement à la promotion du théâtre.


Le 7 juin 2014
GERVAIS ARCAND

Comédien membre du Mic-Mac
Fervent contributeur à la promotion du théâtre en région

fut reçu membre de L’Ordre du Bleuet

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vendredi 20 juin 2014

Gervais Arcand sur vidéo au gala 2014


Quelques minutes pour se souvenir
d'un grand moment





Gala 2014 de l'Ordre du Bleuet
Gervais Arcand

Réalisation Ariel Laforge
Texte Christiane Laforge
Lectrice Érika Brisson



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POURQUOI L'ORDRE DU BLEUET

L'intensité et la qualité de la vie culturelle et artistique au Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnue bien au-delà de nos frontières. Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage.La grandeur d'une société se mesure par la diversité et la qualité de ses institutions culturelles. Mais et surtout par sa volonté à reconnaître l'excellence du parcours de ceux et celles qui en sont issus.